
Les 4, 5 et 6 novembre 2011, se sont tenues les Universités d'automne de l'UNHAJ. Préparatoire au congrés national de Toulouse en 2012, elles avaients pour intitulé : "Quel projet d'émancipation de la jeunesse pour demain?".
La conférence d'ouverture a été confiée à Olivier Douard, sociologue au Leris.
Le texte de cadrage introductif produit par l'association présentait la situation ainsi :
"La crise de 2007 a profondément modifié certains équilibres et accentué la dégradation des conditions d’existence de la jeunesse interrogeant par la même le projet de société pour la jeunesse.
Les Universités d’automne de l’Union arrivent dans un moment ponctué d’un ensemble de transformations, qui ont modifié, modifient ou vont modifier les politiques et les projets menés en direction des jeunes. Ces transformations viennent percuter les conditions d’expérimentation pour les jeunes, conditions qui sont largement mises à mal, alors même que l’expérimentation devrait constituer un droit inaliénable pour la jeunesse, dans une société de plus en plus complexe.
La première des transformations récentes est celle de l’accentuation de la précarisation de la situation des jeunes. Cette précarisation n’est pas nouvelle, mais connaît une accélération depuis la crise financière de 2007. Dans ce contexte, les jeunes ont une fois de plus servi de variable d’ajustement, notamment sur le marché de l’emploi, en étant massivement touchés par le ralentissement des embauches, le recul de l’intérim, l’allongement de la durée du travail, etc. Cette précarisation interpelle les structures Habitat Jeunes, tant dans la conduite des projets locaux que dans les réponses apportées à ce contexte.
Une seconde transformation concerne l’environnement général et notamment, les mutations réglementaires auxquelles fait face l’économie sociale dans son ensemble, et les structures Habitat Jeunes en particulier. Cet environnement règlementaire impacte la place de l’initiative citoyenne et associative dans la société, les conditions d’émergence et d’existence des projets locaux, les relations avec les pouvoirs publics, etc.
Une troisième transformation tient aux profondes mutations dans l’organisation de l’État et au rôle des collectivités territoriales dans le financement et l’animation des politiques de cohésion sociale en général et en direction de la jeunesse en particulier, et doivent, de plus en plus, faire face au décalage entre les besoins des populations et les moyens disponibles pour y répondre.
Enfin, les acteurs Habitat Jeunes, sont de plus en plus interpellés pour créer les conditions d’expérimentation et d’émancipation pour les jeunes et voient parallèlement diminuer les moyens d’intervenir.
Pour autant, les adhérents de l’Union se mobilisent ici et là pour dépasser les difficultés à agir, tentent de contourner certains freins, réinterrogent leurs pratiques et les font progresser, imaginent de nouvelles réponses.
Le temps des Universités d’automne est l’occasion de revenir, à la fois sur les éléments de transformation, pour mieux comprendre et en partager l’analyse, mais aussi de mettre en lumière des initiatives locales participant à renforcer la capacité de chacun d’agir, ou pour reprendre Patrick Viveret, de renforcer « les capacités créatrices et transformatrices » de chacun, et enfin de contribuer à la préparation du Congrès de l’Union et à l’élaboration de la motion d’orientation". |