La démarche d’accompagnement des Jardins de Cocagne

Dans le souci de consolider et de soutenir le développement des Jardins de Cocagne, le Réseau Cocagne a lancé un groupe de travail avec plusieurs partenaires (Secours Catholique, le LERIS, CIVAM, Atemis, le Labo de l’ESS) sur les tiers lieux à dimension sociale et nourricière comme vecteur d’émancipation. L’ambition est de contribuer au parcours d’insertion et d’émancipation des salariés des Jardins, ouvrir un nouvel espace d’interactions entre le Jardin et son territoire et permettre l’éclosion d’activités en lien avec le bien vivre alimentaire dans lesquelles les bénéficiaires sont parties prenantes de l’action.

Cette réflexion a abouti à la rédaction d’un appel à manifestation d’intérêt adressé aux jardins de Cocagne qui se sont lancés dans la création d’un tiers lieu ou qui souhaitent le faire. L’appel à manifestation d’intérêt propose aux Jardins concernés un accompagnement visant à consolider ce que le groupe de travail a identifié comme critères de définitions d’un tiers lieu à dimension sociale en distinction avec les tiers lieux à dimension marchande.

Les projets portés par les Jardins doivent présenter ou rechercher les axes suivants :

  1. Venir renforcer un lien déjà établi avec le territoire. Le tiers lieu s’inscrit dans la trajectoire du Jardin. Il vient complémenter des activités qui sont déjà fortement ancrées dans un territoire. Cet effet de complémentation doit être instruit et évalué au long de la démarche.
  2. Ne pas reposer exclusivement sur le soutien financier public. Le tiers lieu à dimension sociale et nourricière doit relever d’un modèle économique caractérisé par une pluralité de parties prenantes et de modes de
  3. Viser l’émancipation et la capacitation des “publics”. C’est l’enjeu central du dispositif.

 

L’enjeu de l’articulation de ces trois dimensions est de créer du commun, c’est-à-dire de permettre une réappropriation de son espace de vie, de son alimentation, de ses choix de vie. Il vise également à contribuer à la création d’une communauté de pensée et d’actions et donc favorise les coopérations entre les différentes parties prenantes du tiers lieu.

Les Jardins qui s’engageront dans la démarche seront intégrés au groupe de travail et pourront bénéficier d’un accompagnement sur la consolidation des axes définis ci-dessus. Ces travaux bénéficieront à l’ensemble du réseau au travers de l’organisation de visites apprenantes sur site, de transferts de savoir-faire et de formations.

Dans ce cadre Atemis et le Léris sont sollicités pour accompagner les Jardins « pilotes » dans la consolidation de ses différents critères. Les questions suivantes serviront de fil rouge à cet accompagnement :

  • Quel modèle économique pour un tiers lieu à dimension sociale et nourricière ?
  • Comment la mixité des fonctions vient consolider l’approche systémique des lieux et renforcer son positionnement ?
  • Comment l’accompagnement et l’adhésion à un projet commun construit un processus d’émancipation individuel et collectif ?

 

Pour assurer la cohérence de la démarche les laboratoires de recherche Atemis et Le Léris ont choisi de construire ensemble la méthodologie et de croiser leurs regards pour que les trois axes s’articulent finement.