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Les Tiers Lieux : une opportunité pour réinterroger l’intervention sociale

Depuis 5 ans maintenant, le Léris est engagé dans des travaux qui analysent ou mettent au travail des expériences d’intervention sociale transversales. Que ce soit avec le Secours Populaire dans des initiatives autour de l’enjeu de l’alimentation, ou avec des associations qui travaillent les pratiques numériques des jeunes, ces initiatives ont en commun d’organiser ce que l’on pourrait appeler Tiers Lieux. Souvent associés aux pratiques numériques ou aux nouvelles modalités de travail, les travaux que nous réalisons montrent que les Tiers Lieux portent sur des sujets très variés : numériques, habitat, accès à l’alimentation… Ces espaces viennent interroger la notion de communs et de ce fait, revisitent des expériences plus anciennes (le familistère de Godin par exemple), qui remet le projet collectif au centre de la démarche.

De quoi s’agit-il précisément ? Dans sa thèse (soutenue en janvier 2017), Antoine Burret(1) en propose une définition »une configuration sociale particulière où se produit une rencontre entre des entités individuées qui s’engagent intentionnellement à la conception d’une représentation commune, c’est-à-dire à responsabilité partagée. »

Nous pouvons rajouter qu’il s’agit de lieux (physiques, symboliques ou virtuels), ni privés, ni publics, qui s’ancrent et réinvestissent un territoire. Ils organisent et permettent le croisement de plusieurs fonctions : professionnelle, personnelle, alimentaire, d’habitat… (pour une catégorisation voir ici).  Ils permettent un décloisonnement des approches (institutionnelles, sectorielles) et des postures, notamment parce que la dimension expérimentation y est importante, l’erreur est, dans ces espaces, non seulement autorisée, mais le droit à l’essai est encouragé. Se sont des lieux qui développent la coopération, la mutualisation autour des compétences présentes. Ils permettent de nouvelles formes d’engagement car ils s’adaptent aux nouvelles modalités de sociabilités des personnes en renouant autour du « faire ». Antoine Burret rajoute trois caractéristiques : « une rencontre entre des entités individuées (C1), un engagement intentionnel (C2), la conception de représentations communes (C3) » (Burret, 2018, p. 50).

De ce fait, ces espaces renouvellent les possibles en matière d’intervention sociale, d’intervention sur le social. Le Léris mène ainsi plusieurs projets de recherche-action sur des tiers lieux : un projet européen sur des Tiers Lieux de la solidarité alimentaire, un sur le croisement entre insertion et innovation numérique avec des acteurs de l’insertion professionnelle.

Pour plus d’informations n’hésitez pas à nous contacter.

  1. Antoine Burret, ÉTUDE DE LA CONFIGURATION EN TIERS-LIEU La repolitisation par le service. Sous la direction du Professeur Gilles Herreros, Présentée et soutenue publiquement le 20 janvier 2017